Débat sur les luttes sociales
Ce qui suit est tiré d’un article dans l’humanité. Il s’agit d’un débat entre l’historien Claude Mauzaric et l’ancien président de la Sorbonne, Jean-Robert Pitte. Le sujet : "Les syndicats et les mouvements sociaux sont fréquemment taxés d’« irresponsabilité » par le gouvernement. Comment vous situez-vous par rapport à ce discours ?"
Mauzaric ouvre le débat en disant que les luttes sociales sont toujours repoussées par une résistance, que le groupe dominante les soupçonne toujours d’avoir des buts subversives. « Non seulement les luttes sont légitimes, mais elles sont nécessaires. Ce sont elles qui font bouger la société, qui la font advancer » Il dit que le système français se bénéfice des syndicats, prétendant que c’est les syndicats qui ont empêché la crise économique en France.
Pitte pense en revanche que le système français est « usé jusqu’à la corde. » Il admet que les acquis sociaux valent beaucoup, mais qu’ils ont un prix et les syndicats parfois ignorent ce prix. Il avertit que si les riches sont perturbés, ils vont prendre leur richesse ailleurs. Il dit que « Les syndicats en France sont irréalistes, vivent dans un rêve » et il rend responsable pour ça le fait que les syndicats ne sont pas assez représentatifs.
Mauzaric dit que ce dernier constat est un cliché, que les syndicats sont bien représentatifs, mais que les patronats et les ministères ne négocient qu’avec les syndicats complaisants ou moins représentatifs. Il dit « cela me rappelle la guerre d’Algérie quand les autorités françaises négociaient avec tout le monde, sauf avec le Front de libération nationale (FLN). »
Pitte conclue le débat en disant que les syndicats dont il parle ne négocient pas, à cause d'un problème culturel en France ; « Les patrons sont souvent considérés comme des salauds, l’entreprise est profiteuse, l’argent est soupçonné d’être sale », ce qui empêche le progrès. Il dit que les riches et les propriétaires doivent regagner la confiance des gens.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire