L' Express.fr : Le Monde (Algerie)
L'Algérie officielle a décidé de pardonner. Ceux qui avaient pris les armes contre l'Etat sont invités à les déposer et à retrouver leur place dans la société. A la condition, en principe, de ne pas avoir commis de crime de sang. Mais il suffit d'une déclaration sur l'honneur que personne ne vérifie… Les militaires coupables de dérapages sont, de leur côté, à l'abri de toute poursuite. «C'est une amnistie qui ne dit pas son nom», reconnaît un juriste, l'un des inspirateurs de la Charte. Le texte organise l'indemnisation de toutes les victimes de la «tragédie nationale», qu'il s'agisse des survivants des massacres perpétrés par les terroristes, des familles de «disparus» enlevés par les forces de sécurité - plus de 7 000 - ou des parents des maquisards tués au combat. Il interdit aussi toute recherche de la vérité.
Par contre, Beaucoup, parmi ceux qui pleurent un être cher, refusent que l'on puisse ainsi tourner la page. Mères ou épouses de «disparus», une trentaine de femmes continuent de se rassembler, tous les mercredis matin, à Alger, devant le siège de la CNCPPDH. Tenant dans leurs mains la photo jaunie de leur fils ou de leur mari, elles réclament le droit de «savoir». Savoir «s'il est vivant ou mort», savoir «qui l'a tué». Même si c'était il y a dix ou douze ans.

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